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Jeudi 21 mai 2009
COMMUNIQUÉ DATÉ DU VENDREDI 27 MARS 2009
Comité Confédéral National de la CGT - Force Ouvrière - Metz les 25 - 26 – 27 mars 2009
> RÉSOLUTION

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Réuni à Metz les 25, 26 et 27 mars 2009, le Comité Confédéral National de la CGT Force Ouvrière réaffirme sa détermination à défendre les droits et garanties obtenus par les travailleurs, retraités et chômeurs, à travers les statuts de la fonction publique, le Code du travail, les conventions collectives et accords nationaux de branche.

Le CCN de Force Ouvrière refuse que la crise économique actuelle serve d’alibi pour entraîner la destruction des droits et minima sociaux alors qu’au contraire malgré leurs insuffisances ceux-ci jouent leur rôle à l’égard des salariés en difficulté. Soulignant que les travailleurs, exclus des profits du système capitaliste au contraire du patronat, ne sont en rien responsables de la crise le CCN affirme qu’il est inacceptable qu’ils en soient les victimes.

Le CCN salue le combat victorieux des travailleurs des départements et territoires d’Outre-Mer contre la vie chère, les bas salaires et la confiscation des profits du travail par une minorité de possédants.

Le CCN, au vu des puissantes manifestations et grèves des 29 janvier et 19 mars 2009, estime que la mobilisation des travailleurs pour la défense de l’emploi, du pouvoir d’achat et des services publics républicains, confère au syndicalisme une responsabilité déterminante, en particulier au syndicalisme libre et indépendant incarné par la CGT Force Ouvrière.

Le CCN rappelle son attachement à la Charte d’Amiens et constate que les évènements en cours en confirment le bien-fondé, en particulier l’actualité de la lutte des classes.

SITUATION ECONOMIQUE

Le CCN de Force Ouvrière estime que la crise qui frappe l’économie mondiale a confirmé les analyses de la Confédération sur les conséquences de la financiarisation de l’économie. Le CCN réaffirme qu’il s’agit d’une crise de système, de la crise du système capitaliste. Le CCN affirme que le capitalisme n’est ni moralisable, ni refondable.

La crise n’est pas due aux dérapages de quelques traders ou financiers véreux. Elle est le produit du système où la répartition des richesses se fait de plus en plus en faveur du capital au détriment du travail, et où la spéculation s’autoalimente au détriment de l’industrie, du commerce, des services et de la satisfaction des besoins de la population à travers les services publics et la protection sociale.

Pour le CCN, l’échec des politiques économiques menées depuis une trentaine d’années, appelle un changement de cap économique, resituant le social comme priorité. Cela vaut pour la France où il est indispensable de réorienter la politique économique en favorisant l’investissement et la consommation. C’est pourquoi Force Ouvrière demande la remise en cause de la loi TEPA (notamment les heures supplémentaires assorties d’exonérations fiscales et sociales) et une vraie réforme fiscale guidée par la justice et l’égalité.

A cet effet, et alors que la récession s’est diffusée sur l’ensemble de l’économie mondiale, que la déflation et la dépression menacent, le CCN considère qu’il est urgent d’introduire des mesures de contrôle et de réglementation dans le système bancaire et financier afin de stopper la dérive spéculative et réorienter les ressources vers l’emploi et l’investissement.

Le CCN estime que la caution apportée aux banques dans le plan de relance doit se traduire par des modalités renforcées de contrôle public et l’assouplissement du crédit. Au moment où le Royaume-Uni nationalise certains établissements et où les Etats-Unis eux-mêmes envisagent de le faire, l’Etat doit prendre des garanties et des moyens de contrôle, y compris par la nationalisation si nécessaire, pour que l’argent public ne soit pas détourné.

Le CCN renouvelle sa condamnation du pacte de stabilité et de croissance européen fondé sur des dogmes budgétaires et financiers qui ont présidé à l’interdiction de déficits supérieurs à 3%. Il réclame une révision complète de ce pacte au profit d’une politique de relance européenne par la consommation et l’investissement.

En perspective du G20, le CCN réaffirme la priorité consistant à rendre obligatoire le respect des normes internationales du travail et sa condamnation des plans d’ajustement structurels imposés par les institutions internationales (FMI, banque mondiale, union européenne), entraînant le démantèlement des droits collectifs, et la dégradation des conditions de travail et de vie des salariés.

EMPLOI

Le CCN de Force Ouvrière constate que plus de 170 000 emplois ont été détruits depuis le début de l’année, après plus de 40 000 en décembre 2008. Près de 200 plans de licenciements ont été recensés par la Confédération pour les premiers mois de l’année. L’INSEE prévoit plus de 400 000 suppressions d’emploi pour le premier semestre 2009.

Le CCN considère ainsi que le « sommet social » du 18 février 2009 n’a apporté aucune réponse, au désarroi des salariés durement touchés par la crise pas plus qu’à leurs revendications exprimées par Force Ouvrière notamment en matière de pouvoir d’achat.

A cet effet, le CCN dénonce la convention d’assurance chômage agréée par le gouvernement alors qu’elle est complètement inadaptée à la situation que connaissent et vont connaître les demandeurs d’emploi. Le CCN estime donc qu’il est urgent de réviser les conditions d’indemnisation des chômeurs afin de les améliorer et de faire face à la forte augmentation du chômage en 2009. Il demande également de porter à 100% l’indemnisation du chômage partiel.

Le CCN demande le retrait de l’offre raisonnable d’emploi, moyen de chantage à l’égard des chômeurs, ainsi que de la fin de la dispense de recherche d’emploi pour les chômeurs les plus âgés (DRE).

Le CCN rappelle son opposition à la fusion UNEDIC-ANPE dans Pôle emploi. Il maintient qu’il est dangereux de confondre les fonctions d’indemnisation et celles du placement. Il demande que la priorité absolue soit donnée au traitement des dossiers des chômeurs pour qu’ils soient indemnisés dans les meilleurs conditions et délais. C’est pourquoi le CCN estime nécessaire le renforcement des effectifs de Pôle emploi.

Afin de répondre aux attentes légitimes des travailleurs et des chômeurs, le CCN rappelle ses revendications : le rétablissement de l’allocation équivalent retraite (AER), la remise en place des préretraites (avec obligation d’embauche, type ARPE), la mise en place d’une allocation d’insertion pour les jeunes, la mise en place de mesures de protection et d’indemnisation des stagiaires.

Le CCN, devant la dégradation dramatique de l’emploi salarié, demande l’arrêt des licenciements dans le secteur privé et des suppressions d’emploi dans les fonctions publiques. De même, l’interdiction des délocalisations pour les entreprises aidées doit être mise en œuvre par les pouvoirs publics. Aucune aide publique ne doit être accordée sans contrepartie sociale (accords salariaux, et/ou engagement écrit de maintien de l’emploi). Les organisations syndicales doivent en être informées et les institutions représentatives du personnel (IRP) consultées.

TEMPS DE TRAVAIL

Travail le dimanche

Le CCN de Force Ouvrière réaffirme son opposition à toute extension supplémentaire du travail le dimanche et dénonce les pratiques des entreprises consistant à créer des usages pour imposer des modifications de la législation. Il rappelle son attachement au respect de la vie privée et familiale des salariés.

Travail à temps partiel

Pour Force Ouvrière, le temps partiel ne peut être admis que s’il est choisi et non subi. Le CCN réclame donc la résorption du temps partiel subi et sa substitution par du temps plein, surtout dans les secteurs dans lesquels le recours abusif au temps partiel est structurel. La limitation du temps partiel subi est d’autant plus décisive qu’il constitue un facteur majeur d’inégalité professionnelle et de précarisation de la protection sociale, les femmes subissant au premier chef le temps partiel contraint.

SALAIRE ET POUVOIR D’ACHAT

Le CCN de Force Ouvrière estime que ce n’est pas aux salariés de payer le prix d’une crise dont ils ne sont pas responsables. Il estime donc indispensable de garantir aux travailleurs et à leurs familles des moyens d’existence dignes et de ne pas laisser tomber des pans entiers de la population dans la pauvreté et le surendettement.

Pour le CCN, seule une augmentation massive et généralisée de pouvoir d’achat est susceptible de relancer la consommation et l’économie du pays et contribuer à une meilleure répartition des richesses produites.

Le CCN, s’appuyant sur la victoire des travailleurs des DOM qui par la grève ont obtenu 200 €, pour tous les salariés au SMIC et jusqu’à 1,4 fois le SMIC, revendique pour tous les salariés une augmentation générale des salaires, en particulier une revalorisation de 15% du SMIC, des minima sociaux, de la valeur du point d’indice dans les fonctions publiques et la généralisation de la prime de transport.

Le CCN demande donc, l’ouverture obligatoire de négociation dans toutes les branches et entreprises afin d’intégrer rapidement les répercussions de cette hausse.

Par ailleurs, le CCN s’insurge de l’augmentation dérisoire de 1% des pensions et retraites décidé par le gouvernement au 1er avril et qui ne répond pas aux revendications des retraités qui subissent de plein fouet l’augmentation des prix à la consommation et des produits de première nécessité.

SECTEUR PUBLIC

Le CCN de Force Ouvrière dénonce la décision du gouvernement de détruire 30 000 nouveaux postes en 2009 dans la fonction publique. Il dénonce le principe même de la RGPP, véritable « plan social », encore plus inadaptée à la situation économique actuelle au moment où les citoyens doivent pouvoir bénéficier de services publics comme bouclier social de protection face aux conséquences de la crise.

Le CCN demande l’abandon du projet de loi de rénovation du dialogue social dans la fonction publique qui remet en cause le paritarisme et transpose aux trois versants de la fonction publique la loi du 20 août 2008 relative à la démocratie sociale et au temps de travail.

La RGPP répond à une politique économique restrictive et dévastatrice des services publics et de la fonction publique.

Le CCN demande l’arrêt de la RGPP et le retrait du projet de loi sur la mobilité dans la fonction publique, qui permettrait le licenciement des fonctionnaires.

Le CCN soutient les enseignants en lutte contre les projets de réforme de la formation des maîtres et les enseignants-chercheurs opposés aux décrets portant atteinte à leur statut et à leur indépendance. Il demande le retrait de ces textes.

Tout en réitérant sa condamnation du projet d’ouverture du capital de la Poste, le CCN rappelle sa détermination à défendre les entreprises publiques.

Il s’oppose au démantèlement des services de l’Etat induit par les circulaires du Premier Ministre portant réforme de l’organisation territoriale de l’Etat.

Le CCN s’inquiète vivement des préconisations de la commission BALLADUR sur l’organisation des collectivités territoriales.

Globalement, ce rapport par la remise en cause de l’architecture administrative s’inscrit complètement dans le cadre de la RGPP dont l’objectif réel vise la remise en cause des dotations de l’Etat avec les conséquences qui en découleront en matière d’effectifs et de services rendus aux usagers.

Le CCN réaffirme son attachement fondamental à la République laïque Une et Indivisible

PROTECTION SOCIALE

Le CCN de Force Ouvrière réaffirme son opposition au projet de loi « Hôpital, Patient, Santé, Territoire » qui conduit à la désorganisation du service médical national, et au-delà à la dégradation de la couverture sanitaire donc de l’offre de soins aux populations. Le CCN affirme sa volonté de voir l’hôpital public comme seul pivot de l’organisation publique des soins.

Le CCN dénonce la politique d’étranglement budgétaire pratiqué à l’encontre des hôpitaux, maisons de retraite et établissements sociaux publics qui a pour conséquence de supprimer 30 à 50 000 postes dans la fonction publique hospitalière. Le CCN exige les créations d’emplois nécessaires à ces établissements.

Il s’oppose à la mise en place des ARS qui conduit à une étatisation régionalisée de l’assurance maladie.

Le CCN s’inquiète de la situation des CAF, compte tenu des charges nouvelles imposées à la branche en matière de prise en charge du RSA et demande l’abandon des suppressions de postes prévues à la Convention d’objectif et de gestion (COG). Il s’oppose à la fiscalisation de la branche famille.

S’agissant des retraites complémentaires, le CCN souligne qu’il était inacceptable de repousser l’âge de liquidation au-delà de 60 ans, que le maintien de l’AGFF est une nécessité et que pour préserver et améliorer les droits à la retraite ainsi que les régimes par répartition il faut reposer la question de la répartition des richesses et de l’augmentation des cotisations.

NEGOCIATIONS INTERPROFESSIONNELLES

Le CCN de Force Ouvrière, ayant été informé des demandes du Ministère du travail relatives à une négociation sur l’agenda social rappelle que la liberté de négociation suppose la liberté des interlocuteurs sociaux à s’accorder sur des thèmes de négociation sans que les pouvoirs publics n’imposent un quelconque calendrier sur des sujets de son choix.

Dans ce cadre, le CCN rappelle que la loi du 20 août 2008 en définissant de nouvelles règles de représentativité, remet en cause la liberté de négociation, permet le démantèlement des accords de branche et des conventions collectives par des accords dérogatoires, et attaque l’existence même du syndicalisme confédéré libre et indépendant.

Le CCN demande l’abrogation de la loi du 20 août 2008 et réclame le retour à la libre désignation des délégués syndicaux par les organisations syndicales.

Pour le CCN, l’urgence doit porter sur la défense de l’emploi et sur les salaires, ce qui n’empêche pas la négociation sur des thèmes comme la médecine du travail, la pénibilité ou l’égalité salariale.

S’agissant de la proposition du patronat sur la facilitation des licenciements économiques, le CCN considère cette proposition comme indécente au moment où des centaines de milliers de salariés sont victimes de plans sociaux et de licenciements.

Le CCN de Force Ouvrière se félicite de l’ampleur de la journée du 19 mars après celle du 29 janvier qui témoigne de la mobilisation des travailleurs sur leurs revendications et de la colère qui monte dans la classe ouvrière.

Pour le CCN de la CGT Force Ouvrière, la situation est grave. Des centaines de milliers de travailleurs perdent leur emploi. D’autres, et notamment les jeunes n’en trouvent pas. Le service public et les régimes de protection sociale collective, ciments de la cohésion sociale et républicaine, sont menacés.

Face à une telle situation, la capacité de mobilisation et de reconquête des travailleurs est un espoir et une nécessité. C’est dans cet esprit que le CCN de Force Ouvrière avait notamment appelé l’ensemble des salariés à une journée de grève interprofessionnelle le 29 janvier 2009.

Le CCN décide de soutenir sur l’ensemble du territoire les syndicats Force Ouvrière et les salariés en lutte pour leurs emplois et leurs salaires.

Le CCN mandate le bureau confédéral pour demander solennellement au gouvernement et au patronat d’ouvrir immédiatement des négociations sur les revendications exprimées par Force Ouvrière. Si le gouvernement et le patronat ne répondaient pas, le CCN considère qu’une journée de grève interprofessionnelle franche à l’appel des organisations syndicales serait indispensable. Estimant que la multiplication des journées d’action ne conduirait qu’à l’échec, le CCN demande aux autres organisations syndicales de se déterminer sur cette proposition et sur l’organisation dans ce cadre d’assemblées générales des salariés dans l’unité d’action la plus large possible. En fonction de la réponse faite à ces propositions, le bureau confédéral et chaque structure Force Ouvrière examineront la suite à donner à l’action commune, en particulier le 1er mai.

Le CCN mandate le bureau confédéral et la commission exécutive confédérale pour prendre toutes les initiatives y compris la grève si nécessaire pour les semaines et les mois à venir.

Votée à l’unanimité, moins 4 absentions.

Metz, le 27 mars 2009


COMMUNIQUÉ DATÉ DU VENDREDI 6 MARS 2009
Réaction de Force Ouvrière au Rapport Balladur
> L’URGENCE VISE À SORTIR D’ABORD DE LA CRISE!

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La superposition des structures locales, l’enchevêtrement des compétences et la complexité institutionnelle qui en résulte nécessitent pour la CGT Force Ouvrière une sérieuse clarification vis-à-vis des citoyens qui peinent à identifier les prérogatives et responsabilités en matière d’actions publiques, notamment. Fondamentalement, il s’agit de définir quel est le rôle et quelles sont les missions du service public dans notre république

La commission Balladur chargée de remplir cette mission s’est bien gardée de prôner une réforme radicale. Il n’en demeure pas moins que les propositions qui ressortent de son rapport, remis ce jour au chef de l’Etat, n’obéissent pas à cette logique de cohérence et visibilité indispensable à l’exercice d’égalité de droits entre citoyens et territoires.

La CGT Force Ouvrière conteste le choix stratégique du rapport fondé sur la création de deux catégories d’espaces : le territoire politique dévolu aux grandes métropoles, et celui fonctionnel attribué aux régions appelées pour certaines d’entre elles à disparaître par dilution et absorption.

Ce scénario n’est pas nouveau. Il s’inscrit dans la rhétorique de l’autonomisation croissante de la scène locale influencée par les politiques de décentralisation motrices de l’Europe des grandes régions.

De même, la CGT Force Ouvrière ne peut cautionner la suppression des cantons et le parti pris en faveur de la RGPP, ces deux éléments se conjuguant pour organiser la fin des départements et le retrait de l’Etat.

Elle rappelle, plus encore en temps de crise économique socialement dramatique que la priorité n’est pas dans une désarticulation territoriale, mais dans l’exigence de préserver l’unité et l’indivisibilité de l’Etat républicain qui doit renforcer la solidarité à tous les échelons et doter ses services publics des moyens de l’accompagner.



ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU MERCREDI 4 MARS 2009

> UN 19 MARS PLUS PUISSANT QUE LE 29 JANVIER

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90.200 chômeurs supplémentaires officiellement recensés au mois de janvier 2009.

Pour mesurer l’importance de cette augmentation (du jamais vu en un mois), il suffit de noter que, sur toute l’année 2008, l’accroissement a été de 217.000.

Derrière les chiffres, ce sont surtout 92.000 personnes qui se sont inscrites à Pôle Emploi parce qu’elles cherchent un travail. Et ce nombre ne concerne que les candidats disponibles pour un emploi à temps plein et ne comprend pas toutes celles et ceux qui sont, par exemple, en sous-emploi avec du chômage partiel.

Depuis plus d’un an, nous expliquons que cette crise est une crise du système. Au début, certains nous regardaient avec des yeux ronds en disant que nous avions tort, que ce n’était qu’une crise financière sévère mais temporaire.

Les faits confirment notre analyse.

Oui, il y a une dimension internationale à cette crise, tout simplement parce que tous les pays sont touchés et que le système capitaliste est lui-même mondialisé. Sur ce plan, le G20 de début avril, s’il veut avoir un effet, ne doit pas se contenter de quelques modifications de règles comptables: il faut, par exemple, interdire les paradis fiscaux, reréglementer rapidement et lancer une relance mondiale.

Oui, il y a une dimension européenne à la crise. Celle-ci montre qu’une construction européenne basée sur le libre-échange, la liberté de circulation des capitaux, la prétendue libre concurrence, le recul des pouvoirs publics, la déréglementation et la libéralisation n’est pas un «plus» pour les pays membres, mais un «moins». C’est donc la nature de la construction européenne et ses priorités qu’il faut réorienter.

Oui, il y a aussi une dimension nationale.

Cette crise marque l’échec cuisant des tenants du capitalisme libéral. Il ne devrait pas y avoir de honte à le reconnaître, y compris pour celles et ceux qui se trouvent percutés dans leurs convictions ou intérêts. Le seul pragmatisme ne doit pas être un alibi ou une échappatoire pour éviter les débats et questions de fond.

Or, force est de constater que ce n’est toujours pas le cas dans notre pays.

Dans une telle situation, il faut à la fois donner un sens (c’est-à-dire une vision) et savoir activer toutes les manettes.

À une crise de système, il faut répondre par une refonte du système.

Le seul plan de relance de 26 milliards d’euros sur l’investissement est notoirement insuffisant. Il faut maintenant le compléter par un soutien à la consommation.

Cela passe, bien entendu, par une augmentation du pouvoir d’achat des salaires, retraites et minima sociaux pour réduire les inégalités et contribuer à remplir les carnets de commandes.

Cela passe aussi par la mise en œuvre de moyens financiers pour prolonger l’indemnisation du chômage et permettre la mise en place d’une allocation d’insertion pour les moins de 25 ans, qui n’ont rien. Cela passe encore par la remise en place de l’allocation équivalent retraite.

Il faut encore qu’en contrepartie des aides accordées, l’État exige le maintien des emplois.

Il faut enfin geler les suppressions de postes dans la fonction publique.

Tout cela n’est pas conforme aux dogmes libéraux? Raison de plus, car ce sont ces dogmes qui sont à l’origine de la crise.

Cela va coûter cher? Peut-être, mais envisage-t-on demain des centaines de milliers de personnes supplémentaires sans indemnisation? Se référer à la justice c’est bien, la mettre en œuvre c’est mieux. C’est pour cela qu’il ne faut pas hésiter à remettre en cause la loi TEPA et à taxer plus fortement les entreprises du CAC 40 qui réalisent des profits.

Cela doit participer de la redistribution indispensable.

Sur toutes ces questions, il y a urgence. C’est une question de volontarisme et de choix.

C’est ce que nous réaffirmerons avec force le 19 mars, un 19 mars qui doit être plus puissant que le 29 janvier.

– Augmentation générale des salaires, minima sociaux et retraites.
– Moratoire (gel) des licenciements.
– Abrogation de la loi TEPA.
– Arrêt de la RGPP et des suppressions de postes dans la fonction publique.




JOUR APRÈS JOUR DU MERCREDI 25 FÉVRIER 2009

Fonction publique
> LE «NIET» MINISTÉRIEL ENGAGE L’ÉPREUVE DE FORCE

Reçus à Bercy, les syndicats ont été confrontés à la rigidité gouvernementale: pas d’augmentation salariale, maintien des suppressions de postes et poursuite des «réformes».

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Droits dans les bottes présidentielles, le ministre du Budget, M. Eric Woerth, et son secrétaire d’Etat à la Fonction publique, M. André Santini, n’ont fait preuve d’aucune flexibilité et se sont alignés sur la rigidité élyséenne du 18 février: ils ont opposé un non catégorique aux revendications présentées par les syndicats de fonctionnaires, dont l’UIAFP-FO (Union interfédérale des agents de la Fonction publique), qu’ils recevaient mercredi 23 février, au ministère de l’Economie et des finances, à Bercy. Sont donc maintenues les «réformes», principalement le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et la révision générale des politiques publiques (RGPP). Les ministres ont également refusé d’augmenter la valeur du point d'indice (base de calcul des traitements dans la fonction publique). M. Woerth a argué d’une inflation en baisse, selon les chiffres officiels, oblitérant totalement la perte de pouvoir d’achat accumulée sur les années précédentes.

Les représentants de FO ont eu beau demander du «concret» sur le plan salarial et rappeler l’importance de la crise actuelle, l’inflexibilité ministérielle a été totale sur l’essentiel; l’argent public va aux banques privées mais pas aux agents de l’Etat. Ils ont également souligné la montée de la tension sociale (journée d’action des personnels de la Santé publique le 5 mars, manifestation des policiers de la SGP-FO le 21 mars,...), qui, selon Anne Baltazar, nouvelle secrétaire générale de la FGF-FO (Fédération générale des fonctionnaires), causerait une certaine inquiétude chez les ministres concernés. Ces derniers pourraient lâcher ce qu’ils considèrent comme du lest pour calmer le mécontentement en temps opportun. Cela pourrait être le projet d’intéressement des fonctionnaires, basé sur les économies réalisées dans le cadre de la RGPP et auquel FO s’oppose, ou peut-être le «projet de loi relatif à la mobilité et aux parcours professionnels». «Nous avons également demandé avec beaucoup de force le retrait» de ce dernier souligne Anne Baltazar, pour qui il représente une véritable «atteinte à la garantie de l’emploi» et comporte des mesures «très coercitive». Sa présentation au Parlement tarde et les ministres ont alors montré quelque attention devant la capacité de mobilisation que constitue son refus par les fonctionnaires. Mais visiblement gouvernement et exécutif attendent le résultat de la grande journée interprofessionnelle de grèves et de manifestations du 19 mars à laquelle ont appelé huit confédérations, dont FO.



JOUR APRÈS JOUR DU VENDREDI 13 FÉVRIER 2009

Emploi et pouvoir d’achat
> FO EXIGERA DES «DÉCISIONS RAPIDES ET D'APPLICATION IMMÉDIATE» LE 18 FÉVRIER

En vue de la réunion à l’Elysée, la confédération a estimé jeudi urgent de donner un «coup de pouce» aux salaires, comme aux minima sociaux, de contrôler les licenciements et d’abandonner les suppressions de postes de fonctionnaire.

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Pour préparer la rencontre du 18 février à l’Elysée, les ministres, Christine Lagarde (Economie, Finances, Emploi), Eric Woerth (Budget, Fonction publique), Brice Hortefeux (Travail, Relations sociales, Famille, Solidarité, Ville), le Haut commissaire à la Jeunesse, Martin Hirsch, et le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez ont reçu cette semaine tour à tour les cinq centrales syndicales (FO, CFTC, CFDT, CGC et CGT). Chacune d’elle a précisé les revendications exprimées haut et fort lors de la mobilisation interprofessionnelle du 29 janvier et inscrites dans la déclaration intersyndicale du 5 janvier (voir le communiqué). Compte rendu (non exhaustif) de l’entretien de FO qui s’est déroulé jeudi matin.

Selon son secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, la confédération a mis l’accent sur les questions de pouvoir d’achat et d'emploi. Elle a réaffirmé en particulier «la nécessité d'un coup de pouce au SMIC avec obligation pour les branches professionnelles de faire que, fin avril, il n'y ait plus aucun minima inférieur au SMIC» dans les grilles de rémunérations. Jean-Claude Mailly a indiqué avoir réclamé également le conditionnement des exonérations de cotisations patronales à la conclusion d’accords salariaux dans les entreprises ainsi qu’une «augmentation de 10% des minima sociaux» notamment de l'allocation de solidarité spécifique (ASS) versée par l’Etat aux chômeurs en fin de droits. Autre revendication : «l’instauration d’une vraie prime-transport pour tous». Pour les moins de 25 ans s'inscrivant au chômage, la centrale voudrait que soit notamment mis en place, dans les plus brefs délais, une «allocation d'insertion forfaitaire» et des dispositifs de préretraites, «même si c'est de manière provisoire».

FO a mis l'accent par ailleurs sur la nécessité de mettre en œuvre rapidement un «contrôle public des licenciements» qui devra être inscrit dans une loi et dont l’objectif serait d’empêcher les entreprises profitant de la crise pour hâter des plans sociaux. L’idée est que toute aide publique doit être désormais organisée en fonction du maintien de l’emploi. A ce propos, Jean-Claude Mailly a annoncé qu’il allait demander à être reçu, dès la semaine prochaine, par tous les groupes parlementaires pour en discuter avec eux les modalités d’application. Pour la fonction publique, après avoir demandé des négociations salariales, il a rappelé à ses interlocuteurs ministériels que tous les syndicats exigent du gouvernement qu’il renonce à sa règle absurde de ne pas remplacer un départ à la retraite sur deux sachant que cela représente plus de 30.000 postes de fonctionnaires en 2009. Il en est de même de «la RGPP (réforme de l’Etat) qui doit être gelée», a-t-il ajouté. Enfin, à propos du chômage partiel, il leur a souligné qu’il fallait «relever le niveau» d'indemnisation à «80% du salaire net» et d'en «allonger la durée» maximale, en y intégrant «un processus de formation». Le financement supplémentaire serait alors réparti entre l’Etat, l’entreprise et l’assurance chômage.

Le leader de FO a dit avoir «insisté à plusieurs reprises pour que des décisions rapides d'application immédiate» soient prises car, face à «une crise grave», il est temps, selon lui, que le gouvernement réagisse avec un plan de relance de la consommation par l’augmentation des salaires dans le privé et dans le privé et «prenne enfin la mesure de cette situation d'urgence sociale». Ses interlocuteurs du jour l’ont écouté sans s’avancer sur les mesures susceptibles d’être reprises après la réunion à l’Elysée de mercredi prochain. C’est pourquoi, selon Jean-Claude Mailly, l’appel à une nouvelle mobilisation des salariés le 19 mars ne sera pas de trop pour «faire pression» sur ce rendez-vous (voir notre article du 10 février 2008. «Heureusement que nous avons fixé une date!», s’est-il exclamé…


ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU MERCREDI 21 JANVIER 2009

> ÊTRE ENTENDUS SUR LES REVENDICATIONS

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Les entreprises doivent-elles distribuer des dividendes à leurs actionnaires?

Quand on sait que l’une des origines profondes de la crise est, depuis vingt ans, la part croissante des dividendes dans la répartition des richesses, au détriment des salaires et de l’investissement, poser la question c’est y répondre.

Ce n’est pas une question de morale. C’est une question de justice et de remise en cause du modèle capitaliste.

Ainsi, comment peut-on accepter que l’État, qui prête de l’argent public à des banques, n’exige pas en contrepartie qu’elles ne distribuent pas de dividendes?

Comment peut-on accepter que des entreprises annoncent des licenciements, le blocage des salaires, tout en continuant à distribuer des bonus aux dirigeants et des dividendes aux actionnaires?

Et dire que certains osent affirmer que les classes sociales n’existent plus!

Toutes ces questions, et d’autres, ne sont pas des questions de communication. Il ne suffit pas de faire une déclaration tout en laissant faire.

Car quelles sont les contraintes qui ont été imposées aux entreprises ces derniers mois? Aucune. Même sur les parachutes dorés, on attend de voir si elles vont adopter le… «code de bonne conduite» mis au point par le MEDEF.

Si, comme l’affirme régulièrement le président de la République, le «monde doit changer», il convient alors de prendre des décisions, y compris en France.

Tel est, par exemple, le sens de la proposition que nous lui avons faite la semaine dernière: si, selon le gouvernement, le plan de relance doit avoir un effet sur l’activité économique, alors il faut décider d’un moratoire (gel) des licenciements dans l’attente des effets du plan de relance.

Il convient également de contrôler les licenciements afin de ne pas accepter ceux venant d’entreprises qui profitent de la crise.

Il convient encore – ce que nous avons a priori obtenu – que le comité d’entreprise ou les syndicats soient informés de toute aide publique accordée à une entreprise et des engagements ou contreparties exigés.

Et si l’emploi est effectivement une priorité, il faut aussi geler les réductions d’effectifs dans la fonction et le service publics, c’est-à-dire stopper la RGPP. Changer le monde? C’est maintenant qu’il faut commencer. Exiger d’être entendus sur les revendications, exiger une augmentation des salaires et des retraites sont des conditions indispensables.

Il y a bien des idéologues qui expliqueront que le pouvoir d’achat ne doit pas être la priorité compte tenu des problèmes d’emploi et de déficit! Ce sont les mêmes que ceux qui, déjà, opposaient l’emploi à la fiche de paye et qui se complaisent dans le système actuel.

Exiger, et obtenir, des augmentations de salaires, c’est remettre en cause ce qui est à l’origine de la crise: la déformation de la répartition des richesses au détriment des travailleurs.

Ces questions seront, pour Force Ouvrière, au cœur de la journée de grève interprofessionnelle et de manifestations du 29 janvier.

N’en déplaise à Mme Parisot et à M. Sarkozy, si les actionnaires ne manquent pas d’air, il y a un besoin d’air pour les salaires!

S’agissant de la grève, nous n’acceptons pas les récentes déclarations des pouvoirs publics pour durcir le service minimum. Ce serait, à n’en pas douter, un point de conflit supplémentaire.




JOUR APRÈS JOUR DU MERCREDI 14 JANVIER 2009

Education nationale
> LE PRÉSIDENT APPELLE DE SES VŒUX LA «RÉFORME», SYNDICATS ET ENSEIGNANTS À LA MOBILISATION

En guise de souhaits de bonne année, à Saint-Lô, le chef de l’Etat a confirmé les suppressions de postes par milliers.

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Le chef de l’Etat a présenté au personnel de l’Education nationale ses vœux pour l’année 2009, lundi 12, à Saint-Lô, ville normande qui a été aussi bombardée que l’est l’actuel système éducatif français, en voie d’être ruiné par les suppressions de poste exigées par la RGPP (révision générale des politiques publiques). L’ensemble des fédérations syndicales enseignantes avaient annoncé qu’elles ne répondraient pas à l’invitation présidentielle. Parmi elles, la fédération FO de l’Enseignement, dont le secrétaire général, Hubert Raguin a répliqué: « Nous lui présenterons les nôtres le 29 janvier», assortis, a-t-il précisé, d’une principale revendication: le maintien de tous les postes.

Dans une ville en état de siège, des heurts ont émaillé une manifestation qui avait réuni plusieurs milliers de personnes venues protester contre la «réforme» du lycée dont le chef de l’Etat a par ailleurs annoncé le maintien et même la mise en place pour la rentrée 2010. Histoire de noyer le poison lycéen, le chef de l’Etat a annoncé le lancement d’une «mission sur la réforme du lycée» et face au virus grec la création d’un haut-commissariat à la Jeunesse. Il est censé répondre à «la très difficile angoisse de la jeunesse», renvoyée à des problèmes existentiels alors qu’elle subit tout particulièrement précarité et salaires au rabais, plus d’un cinquième des moins de vingt-cinq ans vivant en-dessous du seuil de pauvreté. La première a été confiée au patron de Sciences-po, chantre de «l’égalité des chances» et libéral affiché, le second à un énarque spécialiste des cabinets mais auréolé de son passage à Emmaüs France où il déclarait déjà en 2006: «il faut se battre dans le cadre d'une culture de l'expérimentation, de l'évaluation, du résultat».

La réponse des principales organisations lycéennes, mobilisées depuis octobre et qui ont appelé à une nouvelle journée de manifestations dans toute la France pour jeudi 15 janvier, l’UNL (Union Nationale Lycéenne) et la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne), ne s’est guère fait attendre. Le secrétaire général de la première, Antoine Evennou, a aussitôt demandé une nouvelle fois «l’arrêt des suppressions de poste dans l’éducation», au nombre de 13500 et que le chef de l’Etat, comme il l’a confirmé dans son allocution à Saint-Lô, a bien l’intention de faire étrenner.



JOUR APRÈS JOUR DU MARDI 4 NOVEMBRE 2008

Crise économique
> POUR FO, UNE GRÈVE RESTE PLUS EFFICACE QU'UNE JOURNÉE DE MANIFESTATIONS.

Les syndicats, qui veulent faire entendre la voix des salariés. se réunissent mercredi pour discuter d'une mobilisation commune.

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Avec la crise économique, l’idée d’une action intersyndicale rassemblant FO, CFDT, CFTC, CGT, CGC et les organisations autonomes (FSU, SUD et UNSA) refait surface. A l’issue d’une rencontre avec le président Nicolas Sarkozy – cette réunion était consacrée à la «préparation» du sommet (G20) sur la crise financière internationale prévue le 15 novembre à Washington (Etats-Unis) – les dirigeants des cinq centrales syndicales (FO, CFDT, CFTC, CGC, CGT) ont évoqué lundi soir la possibilité d'une telle action commune pour rappeler notamment au gouvernement que les salariés ne doivent en aucun cas être les victimes expiatoires de la crise. Les huit organisations ont d’ores et déjà prévu de se réunir demain à 9 heures.

Alors que les effets de la récession se font sentir chaque jour un peu plus sur l’emploi et le pouvoir d’achat, tous les syndicats, qui ont réclamé en vain au gouvernement un plan de relance budgétaire, estiment désormais que le temps est venu de faire entendre autrement la voix des salariés. Car, pour eux, le plan sur l'emploi présenté par M. Sarkozy la semaine dernière est bien inconséquent, au vu des milliards d'euros débloqués du jour au lendemain pour les banques et les entreprises (voir notre article du 29 octobre 2008). Pis, ce plan a été précédé ou suivi de mesures de «déréglementation sociale» inacceptables à l’instar du projet sur la banalisation du travail le dimanche ou la décision en catimini de porter l’âge des mises à la retraite d’office de 65 à 70 ans. Crise ou pas, l’exécutif continue de prétendre que le salut économique de la France passe par ses «réformes structurelles» : réduction du périmètre de la protection sociale (sécurité sociale, retraite, assurance chômage…), suppression de dizaines de milliers de postes de fonctionnaires, privatisation de La Poste, réforme de l’Etat (RGPP, disparition des départements…). Autant de «réformes» en gestation depuis le début du quinquennat. «Qu'il faille réagir, on en est tous convaincu. Tout simplement parce que si les salariés ne bougent pas, ça va être eux les dindons de la crise», a ainsi expliqué le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly.

Pour son homologue de la CGT, Bernard Thibault, si la rencontre de mercredi, qui doit servir à «confronter les analyses» de chacun et «envisager les réponses possibles», «contribue à mettre une certaine pression sur le chef de l'Etat et le gouvernement pour accélérer des décisions qui soient véritablement des protections pour les salariés, tant mieux!». Tout en considérant qu’il est «urgent de se bouger», le leader de la CGT a envisagé «des manifestations de rue». Selon le dirigeant de la CFDT, François Chérèque, les syndicats doivent «avoir une communication commune forte, le tout c'est de se mettre d'accord si c'est le bon moment pour la réussir. Ça fera partie du débat de mercredi». Il a affirmé aussi que si la CFDT devait s’engager dans une mobilisation commune, c’est pour «la réussir» car «louper une action aujourd'hui alors que la crise va durer peut-être un an ou deux, c'est se mettre en difficulté dans le temps».

A FO, «nous ne pensons pas tellement qu'une manif' de plus changera les choses. Par contre, je pense que ça aurait de la gueule si Thibault, Mailly, Chérèque, au nom de leurs syndicats, appelaient les salariés à une journée de grève dans «le public et le privé, pendant une journée», a indiqué Jean-Claude Mailly, avant d’ajouter, «cela montrerait au président de la République qu'une grève ça se voit, et je pense que ça serait plus efficace qu'une journée de manifestations».



SECTEUR PRESSE - VENDREDI 24 OCTOBRE 2008
Fonctionnaires
> 25 000 MANIFESTANTS POUR LES REVENDICATIONS !

Les agents de l'Etat, les Territoriaux et les Hospitaliers, ont exprimé hier, au cours de la manifestation nationale FO leur colère et leurs exigences. Un communiqué de la FGF-FO

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Venus de toute la France les fonctionnaires de l'Etat, Territoriaux et Hospitaliers, ont exprimé au cours de la manifestation nationale FO leur colère et leurs exigences : hausse des salaires et des pensions, arrêt de la RGPP, défense du statut, du service public et de la Fonction publique républicaine.

STOP AUX SUPPRESSIONS D'EMPLOIS,
STOP AUX RESTRUCTURATIONS
LE GOUVERNEMENT DOIT PRENDRE EN COMPTE LES ATTENTES ET LES REVENDICATIONS !

Dans son discours de fin de manifestation Jean-Claude Mailly, secrétaire général de la Confédération, a salué la mobilisation qui représente une étape dans la constitution du rapport de forces nécessaire pour faire reculer le gouvernement.

Merci aux 25 000 manifestants présents ce 23 octobre 2008 à Paris ; beaucoup ayant effectué plusieurs centaines de kilomètres pour participer.

Paris, le 23 octobre 2008



ÉDITORIAL DE JEAN-CLAUDE MAILLY DATÉ DU MERCREDI 22 OCTOBRE 2008

> POUR UNE UNITÉ D’ACTION CLAIRE ET EFFICACE

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En ne baissant pas la tête dans les semaines et mois à venir, les travailleurs mettront tous les atouts de leur côté pour ne pas être les dindons de la crise. Ils sont en situation de se faire entendre et respecter pour qu’effectivement les choses changent, pour que l’économie revienne à sa place: un outil au service du progrès social sous tous ses aspects.

D’ores et déjà, ici ou là, des voix se font entendre pour que fondamentalement rien ne change.

À Bruxelles, la semaine dernière, à l’occasion de la rencontre sociale traditionnelle avant chaque sommet, le représentant de la présidence française de l’Union européenne, M. Fillon, a ainsi déclaré que les repères étaient actuellement perturbés (pas pour tout le monde!) et qu’il fallait maintenir et accélérer le cap des réformes structurelles.

On connaît trop ce que cela signifie: réduction des dépenses publiques et sociales, et déréglementation du travail. C’est-à-dire laisser faire le marché là où, sur le plan financier, il a lourdement échoué et où tous réclament maintenant une reréglementation.

Aux États-Unis, même si le Président Bush (en fin de course) accepte le principe de réunions internationales, il ne s’agit pas pour autant de réglementer l’économie de marché.

Au niveau européen encore, on entend régulièrement le président de l’Eurogroupe, M. Juncker, rappeler qu’il faut respecter le traité de Maastricht et le pacte de stabilité et de croissance. On aimerait mieux l’entendre, en tant que Premier ministre luxembourgeois, plaider pour que son pays ne soit plus un paradis fiscal.

On a encore entendu, à l’issue d’une réunion internationale à l’initiative du MEDEF, le patronat insister sur le fait que l’intervention de l’État ne doit être que passagère et qu’il ne faut surtout pas remettre en cause l’économie de marché et revenir à l’interventionnisme. Ce qui ne manque pas d’air dans le contexte actuel. C’est même indécent.

En quelque sorte, c’est l’État providence pour les entreprises mais pas pour les salariés! En gros, c’est: aidez-nous mais laissez-nous tranquilles!

Il faut à la fois dénoncer ce type de comportement et exiger de vraies réformes à tous les niveaux pour contrer cette crise du capitalisme.

Un plan de relance de l’activité est indispensable, tant au niveau national qu’européen.

Il faut soutenir la consommation (augmentation des salaires, prime transport), définir une stratégie industrielle, mettre en place une banque industrielle publique, favoriser la recherche et l’innovation, arrêter la RGPP et avoir un vrai débat sur le rôle et l’avenir du service public républicain, prendre les dispositions pour lutter contre la précarité, entreprendre une grande réforme fiscale redonnant à l’impôt direct progressif sa vraie place.

D’ores et déjà, la France comme la plupart des autres pays est entrée en récession. Les effets sur l’emploi se font sentir (chute de l’intérim, CDD non renouvelés, plans sociaux en préparation). Il ne serait pas acceptable que l’intervention de l’État se résume à sauver le système bancaire et financier, et à faire payer la note aux salariés et aux PME.

Bien entendu, certains (par exemple, Jean-François Copé) expliquent que cette crise doit conduire à faire encore plus d’économies dans les dépenses publiques et sociales, qu’on ne peut pas accroître l’endettement.

Autrement dit, qu’on le fasse pour les banques n’est pas gênant, qu’on le fasse pour la population, l’emploi, le tissu industriel, si!

De la même manière, il est inacceptable de vouloir étendre le travail le dimanche. On nous explique que ça permet de vendre plus! Sauf que le pouvoir d’achat n’est pas extensible et que cela ne peut que conduire à accroître l’endettement des ménages, voir le surendettement, sans parler des réductions d’emplois qui en découlent.

Il convient donc que, contre vents et marées, nous maintenions et accentuions l’ensemble de nos revendications.

C’est ce que feront cette semaine nos camarades fonctionnaires en manifestant et en faisant grève, le 23 octobre, pour les salaires, l’emploi et le service public.

La pression que nous mettons au niveau national doit aussi s’étendre au niveau européen et international. Nous nous y employons. Opposons à l’unité nationale, l’unité d’action sur des bases claires et des modalités efficaces.

Par Monique & Roger - Publié dans : DIVERS
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