|
Fonction publique
FO APPELLE À LA GRÈVE LE 2 JUILLET
La fédération des fonctionnaires exige le retrait de plusieurs disposition du projet de loi sur la mobilité des
agents, qui visent à autoriser les licenciements, à étendre le recours aux emplois précaires, notamment via des sociétés d’intérim.
La fédération générale FO des fonctionnaires (FGF-FO) appelle les personnels à la grève jeudi prochain contre le
projet de loi relatif à la mobilité et aux parcours professionnels dans la Fonction publique, qui doit être présenté ce jour-là à l’Assemblée nationale. Déjà adopté par le Sénat,
ce projet vise, dénonce FO, à mettre en œuvre des licenciements massifs, à étendre le recours à la main d’œuvre précaire et à confier le recrutement à des sociétés d’intérim. «Il
va permettre à l’État de disposer d’outils pour contourner le statut général des fonctionnaires, sans pour autant afficher au grand jour son véritable objectif : la destruction
des services publics républicain», s’insurge fédération.
Au delà de la philosophie générale du projet, quatre articles du texte inquiètent particulièrement les fonctionnaires. Ainsi, le premier (article 7 du projet) stipule que le
fonctionnaire sera placé dans une situation de réorientation professionnelle lorsque son emploi est susceptible d’être supprimé. Et si sa réorientation n’aboutit pas, il sera mis
en disponibilité d’office sans rémunération, avant d’être licencié ou mis d'office à la retraite suivant son âge. Le deuxième (article 8) entend autoriser le cumul d’emplois à
temps incomplet entre les trois versants de la fonction publique. Le troisième (article 9) introduirait la possibilité de recruter des personnels sous contrat, en dehors des seuls
besoins ponctuels déjà prévus par la loi et les règles statutaires. Enfin, le quatrième (article 10) donnerait la possibilité à l’administration de faire appel à des salariés
d’agences d’intérim.
Ce qui revient à étendre la précarité et la flexibilité dans la Fonction Publique et à remettre en cause toutes les garanties liées à la continuité du service public et au bon
exercice de ses missions mais aussi à la neutralité du fonctionnaire, elle-même garantie par la permanence de l’emploi et du statut. «Comment un salarié intérimaire pourra-t-il
faire preuve d’indépendance, être soumis au secret professionnel et à la discrétion au même titre que le fonctionnaire?», demande la FGF-FO, pour qui, «au delà des intérêts des
fonctionnaires et agents publics, c’est la remise en cause des valeurs et des principes républicains où le fonctionnaire n’aurait plus la neutralité et l’indépendance que lui
confère aujourd’hui son statut pour que chaque usager puisse avoir le libre accès au service public». Et d’ajouter qu’«on ne peut pas, d’un côté, vanter les mérites de notre
modèle social qui permet de limiter les effets de la crise dans notre pays et, de l’autre, liquider la fonction publique en catimini!».
La mobilisation des fonctionnaires est soutenue par la confédération FO. Son leader, Jean-Claude Mailly, doit participer mercredi à une conférence de presse dans les locaux de la
FGF-FO.
|